Élections législatives La gauche tente de redorer son blason


La création d'un pôle de gauche fort au Maroc pourra-t-il être, un jour, concrétisée ? C'est en tout cas le vœu pieu de quelques militants qui aspirent à faire renaître la gauche pour qu'elle soit une véritable force au sein de la société. A la veille des élections, quelques formations essaient d'unir leurs efforts. Ils étaient cinq partis politiques au départ à annoncer, il y a quelques semaines, la création d'un pôle de gauche avant que deux d'entre eux (parti socialiste et la gauche verte) ne se rétractent préférant se joindre à ce que l'on appelle désormais le G8.
Les trois autres partis restants tentent de donner quelques signaux aux électeurs à quelques jours des échéances électorales. L'Union socialiste des forces populaires, le Parti du progrès et du socialisme et le Front des forces démocratiques viennent, en effet, d'organiser une rencontre à Rabat pour débattre de l'avenir de la gauche dans la société marocaine.
Les socialistes nourrissent de grands espoirs dans les prochaines élections. Le ton a été donné, vendredi dernier, par le premier secrétaire du parti de la rose Abdelwahed Radi qui a émis le souhait que les électeurs marocains fassent confiance à ce pôle et lui «donnent la place qu'il mérite au sein de l'échiquier politique». Nostalgique, le chef de file des usfpéistes mise sur les prochains mois qui seront décisifs tant pour l'avenir du pays que pour la scène politique. «La gauche doit être présente et forte. Cela ne peut se réaliser qu'en misant sur le volet quantitatif et en remportant les élections.», dit-il.

Un objectif difficile à atteindre surtout que la gauche, émiettée, a perdu beaucoup de son éclat. Bon nombre de tentatives de rassembler les différentes formations n'ont pas abouti à concrétiser les vœux émis de part et d'autre. Aujourd'hui, plusieurs ténors des partis concernés misent sur la nécessité de l'Union pour mobiliser les troupes et parvenir à élaborer un programme en commun reflétant les aspirations de la population.

«Nous devons être une force de proposition». a tenu à souligner Abdelwahed Radi. Le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme a exprimé les mêmes aspirations. Mais, la concrétisation des desseins tracés ne peut pas se faire à travers les discours mais plutôt par des actions palpables. Nabil Benabdellah a promis d'intensifier les efforts pour la création d'un pôle de gauche fort capable de s'adapter aux nouvelles orientations du monde. L'idée, selon lui, est de pouvoir un jour créer le grand parti tant attendu de gauche. «Nous devons œuvrer pour la concrétisation de ce rêve». a-t-il lancé. Avec le même ton optimiste, le secrétaire national du Front des forces démocratiques Thami Khyari croit en l'avenir des socialistes. Il n'a pas hésité à décocher ses flèches envers la coalition du G8 qui réunit différentes sensibilités idéologiques. Certains, a-t-il relevé, tentent d'expliquer vainement qu'au Maroc, tous les partis se ressemblent et qu'il n'existe plus de différenciation idéologique. «La gauche est bel et bien présente et prête à assumer ses responsabilités au cours des prochains mois.», s'est-il exclamé. La décision des trois partis de gauche d'unir leurs efforts répond-elle à des enjeux conjoncturels ? Les trois leaders balaient d'un revers de la main cette idée même si quelques voix s'élèvent pour dénoncer le caractère occasionnel des efforts visant l'union. Les trois partis affichent leur détermination de ne pas lâcher prise. Ils laissent la porte ouverte à tous ceux qui appartiennent à la famille de gauche pour soutenir leur initiative.

Enjeux

A présent, la gauche n'apparaît pas comme une force à même de mener de grands chantiers au Maroc et d'être un leader. Ce qui constitue une grande déception pour beaucoup de militants. Arrivera-t-elle bientôt à redorer son blason ? Les prochaines échéances s'avèrent, en effet, décisives car les résultats détermineront la place que les électeurs réserveront à ce pôle. Numériquement, la gauche a beaucoup perdu au cours des dernières années. L'enjeu est de pouvoir convaincre les électeurs par la réelle volonté des différentes formations concernées d'élaborer un véritable programme de société. Cela ne peut se faire que si les partis de gauche laissent de côté les sensibilités et les questions accessoires au profit des dénominateurs communs qui sont essentiels.

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