Les accidents de la route sévissent dans le pays et la ville blanche ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Avec ses routes à plusieurs voies, ses embouteillages et l'absence de panneaux de signalisation, la ville blanche noircit le bilan des accidents de la route au niveau national. «Nous avons mené une étude en 2007 sur une période de 5 ans pour déterminer les points noirs de la circulation à Casablanca », explique Azzedine Chraibi, secrétaire permanent du comité national de prévention des accidents de la circulation. «Cette étude a permis de définir les zones d'accumulation des accidents de la route au niveau de la métropole qui ont permis de dresser une carte, et bien sûr cela nous a permis de chercher des solutions appropriées pour y remédier », continue la même source. Sur les accidents enregistrés en milieu urbain, Casablanca accapare le tiers des accidents enregistrés. L'étude qui est actualisée chaque année démontre que Casablanca occupe la première place de tués en milieu urbain avec 20,96%. La répartition par arrondissement des tués montre qu'il y a une forte concentration des accidents mortels au niveau de Hay Mohammadi, que les tranches horaires les plus meurtrières se situent aux alentours de 8h, entre 16h et 18h puis vers 20h et 22h avec les taux les plus élevés le soir entre 20h et 22h. Les périodes les plus meurtrières se situent au mois de janvier, et la saison d'été juillet, aout et septembre. Selon la même étude, la circulation routière dans la ville de Casablanca se distingue par des coutumes locales de comportement acquises au fil du temps avec l'évolution de la complexité de la circulation. Il apparait que les Casablancais ont leurs propres usages et règles de conduite qui ne correspondent pas forcément aux règles nationales et internationales d'où les risques de conflits routiers. Ainsi, l'expérience personnelle acquise semble l'emporter sur le code de la route mis en place pour protéger les usagers du bitume. Chez les Casablancais, il existe toujours cette peur des agents de contrôle qui fait que les conducteurs réduisent leur vitesse de circulation lorsqu'ils s'approchent d'un carrefour, baissent les téléphones portables, mais ils reprennent leurs mauvaises habitudes dès que le carrefour est dépassé. Cependant, le comportement des usagers n'est pas seul responsable des accidents survenus à Casablanca. L'analyse des procès-verbaux et surtout les visites de terrain mettent en évidence le rôle de l'infrastructure dans la survenance des accidents. Ainsi les boulevards très larges avec 3 ou 4 voies de circulation par sens favorisent la prise de vitesse des automobilistes, ne permettent pas une bonne affectation des espaces et des usages mais surtout exposent de manière inconsidérée les cheminements et les traversées des piétons et des usagers fragiles (vélos, cyclomoteurs). En effet, le nouveau code de la route a prouvé qu'à lui seul il ne suffsait pas à résoudre le problème des accidents de la route puisque le comportement du conducteur n'est qu'à 50% responsable des accidents. En effet, un travail sur l'infrastructure reste à faire. «On approche la sécurité routière d'une manière curative en traitant le dysfonctionnement existant, mais on doit aussi travailler de manière préventive en «éliminant» le risque routier en amont dès la réalisation des projets et les réflexions sur l'évolution urbaine ». A ce titre, un lien doit être fait avec l'étude du Plan de déplacements urbains (PDU) de la ville de Casablanca, où l'on doit hiérarchiser les voiries entre elles afin de définir les axes de transit, de liaisons entre villes et quartiers et les axes et voies de desserte. Dans ce cas, à chaque type de voirie correspondra un type d'aménagement cohérent par rapport aux usages attendus. Un aménagement cohérent quelque peu dérangé par les travaux en cours et les chantiers, notamment celui du tramway, projet qui visera à alléger la circulation au niveau de la ville blanche. Hypothèse des plus optimistes que ne partage pas la majorité mais seule l'année 2012 nous le dira…
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