D’aucuns s’interrogent sur le pourquoi de la volonté indiscutable de certains dirigeants du PPS de participer au gouvernement que met actuellement en place Abdelilah Benkirane.
Les raisons de cette “trahison objective” du référentiel historique et idéologique du Parti du Progrès et du Socialisme sont nombreuses, mais il serait sans doute fort utile d’en évoquer les plus prosaïques, celles que les dirigeants de ce parti n’aiment pas évoquer, voire reconnaître.
La première, incontestable, c’est que le PPS, n’ a guère plus d’existence proprement partisane aujourd’hui, en dehors de “l’officialité”. Celle -ci s’exprime uniquement par le fait que ce parti participe encore au gouvernement de M. Abbas El Fassi et qu’il dispose d’une représentation parlementaire, dans les deux chambres.
Ses titres de presse n’ont plus l’influence et le tirage d’antan, ses implantations locales sont squelettiques, sa force de frappe syndicale a disparu depuis le retrait d’hommes comme Simon Lévy ou Abdelmajid Douieb.
Son aura et sa réputation tiennent beaucoup plus au souvenir incontestablement présent dans la mémoire collective du peuple marocain de personnalités comme Ali Yata que des prises de position, éclats oratoires ou actions de ses successeurs….
Fondateur de la Koutla démocratique en mai 1992, le PPS a su tirer un profit plein du compromis historique passé dès cette époque avec feu Hassan II en négociant, de concert avec l’USFP et l’Istiqlal, les termes de l’alternance consensuelle dont on assiste aujourd’hui, à la conclusion tragi-comique.
Mais, la participation ininterrompue de ce parti aux successives coalitions gouvernementales, la nécessité de “recruter” par n’importe quels moyens des élus locaux et des parlementaires, ont eu pour effet de “polluer” les rangs de ce parti en le gonflant artificiellement d’adhérents opportunistes et arrivistes dénués de conscience de classe, dépourvus de culture politique, indifférents au militantisme et seulement préoccupés par les avantages qu’ils pouvaient tirer de leurs mandats.
Le PPS a incontestablement perdu son âme tout au long de ce chemin de la participation aux affaires gouvernementales et aujourd’hui, alors que se profile l’éventualité de son entrée dans l’équipe dirigée par Abdelilah Benkirane, il aura ainsi bu la coupe jusqu’à la lie!
En effet, quel autre choix que celui d’accepter l’offre du dirigeant du parti islamiste, “sûr de lui et triomphateur”, pour des responsables politiques qui, mieux que quiconque, connaissent exactement l’état de leurs forces et la modicité de leurs moyens?
Comment exister pour Nabil Benabdallah qui a délibérément renoncé à briguer les suffrages des électeurs en 2011, refroidi à jamais par sa défaite cuisante lors des législatives de 2007, malgré son auréole de ministre de la Communication et porte parole du gouvernement Jettou?
Comment survivre pour un Bureau politique composé, certes, d’intellectuels valeureux et de militants éprouvés, mais qui n’ont jamais, à l’instar de Moulay Ismail Alaoui, réussi à gagner la moindre élection au suffrage universel?
Comment se passer donc de ces élus PPS, essentiellement issus de notabilités locales, financièrement à l’aise et capables de “se payer” un mandat parlementaire?
Qui pourra, en effet, nier que la représentation locale et nationale du Parti du Progrès et du Socialisme est, quasiment assurée dans sa totalité, par des “Moul chkara” argentés?
Quatorze au moins des dix-huit Représentants issus de la “cuvée” 2011 sont de cette veine, et s’il n’était de liste nationale, ce parti ne compterait aucun militant authentique au niveau de sa représentation parlementaire!
Et encore, à ce niveau d’ailleurs, seules Nouzha Skalli et Amina Tahri peuvent se prévaloir de cette qualité.
Pour continuer d’exister, en tant que personnalités courues et reconnues, les dirigeants du PPS, peu inspirés par une éventuelle traversée du désert qui leur serait pourtant salutaire, laisseront donc cette chance à l’USFP et se constitueront en auxiliaires (zélés?) du Parti Justice et Développement.
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