«Notre objectif est de sensibiliser les jeunes aux méfaits de la drogue, principalement les psychotropes en tous genres, communément connus sous l'appellation de «karkoubi», mais aussi le haschish et autres, et qui sont en réalité des outils d'éclatement des familles, de déperdition des jeunes et de dégradation de la société», explique Noureddine Adib, président de Icharat.
Le travail sera également focalisé sur la prévention chez les plus jeunes, afin de leur éviter de tomber dans les griffes de ce fléau. En ce sens, l'association vise à travailler aussi bien avec les élèves que les enseignants. Aussi, le travail de sensibilisation se décline en plusieurs volets, le tout centré sur la dépendance et le jeune qui en souffre.
«Une personne dépendante est d'abord quelqu'un qui est en conflit avec soi-même, ensuite avec sa famille, son environnement et avec la société dans laquelle il vit. Dans sa tête, c'est une personne parfaite qui n'a pas besoin des autres. De même, elle commence à considérer la société comme un environnement hostile, chose qui provoque chez lui un isolement total qui finira par générer de la violence», souligne Noureddine Adib.
Et c'est cette même dépendance qui a poussé bien des jeunes à commettre parfois l'irréparable. Les faits divers enregistrés dans la ville de Casablanca en attestent. Cela va du simple vol à des choses plus graves, agressions à l'arme blanche, meurtres ou suicides en l'occurrence. Comme l'explique Noureddine Adib, la personne dépendante n'est pas criminelle en soi, mais elle le devient, justement, à cause de cette dépendance.
«Ces jeunes deviennent esclaves de la dépendance et, pour la satisfaire, ils sont prêts à tout. Cela commence par de petits vols d'objets à la maison, au sein de la famille, puis la personne se professionnalise et commence à oser des choses plus graves, comme le vol à l'arraché par agression, etc., le tout pour avoir les moyens de se payer sa dose», indique le président de Icharat.
Ce dernier met l'accent sur l'influence comme facteur pour franchir le premier pas. «Lorsque le jeune voit quelqu'un de plus âgé que lui, qui le fascine d'une manière ou d'une autre, en train de fumer une cigarette ou de rouler un joint, il est tout à fait normal qu'il en prenne exemple, justement, à cause de effet de la fascination exercée soit par sa façon de se vêtir, ou encore par sa corpulence athlétique, etc.», précise-t-il.
Parallèlement, le travail sur ces jeunes n'exclut pas une implication des parents à travers de la sensibilisation. En ce sens, ces derniers seront approchés dans l'optique de leur inculquer le comportement à adopter face à un enfant qui se drogue. Autrement, il est question de leur expliquer leur rôle d'accompagnement et de vigilance par rapport à leur progéniture, afin d'éviter que l'enfant ne tombe dans le piège. Un encadrement qui relève également des responsabilités des établissement scolaires, et qui est malheureusement souvent absent.
«Les élèves manquent généralement d'encadrement au sein même des établissements. Pire, les stupéfiants circulent en toute liberté dans les collèges et lycées, qui sont censées être les derniers endroits où l'enfant ne court aucun risque d'initiation à la drogue», conclut Noureddine Adib.
Edition Hay Hassani
Initiée l'année dernière au niveau de Hay Hassani, cette caravane sera amenée à être reconduite, après Anfa, dans les autres arrondissements de la métropole. Durant l'exercice précédent, des jeunes, filles et garçons, qui avaient reconnu la consommation de drogues et affiché leur volonté de décrocher, ont été assistés par les organisateurs de la caravane. L'assistance se faisait moyennant l'intervention d'un psychologue et d'un médecin généraliste. De même, pour les enfants non scolarisés, un partenariat liant Icharat à l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) permet à ces derniers de bénéficier d'une formation, pour une meilleure réinsertion socioprofessionnelle.Parallèlement, l'association Icharat déplore le fait que les drogues circulent également dans les centres pénitentiaires. Un jeune arrêté pour consommation de drogue se retrouve dans un milieu où celle-ci existe. De plus, en l'absence de tout travail de réinsertion dans les prisons, à quelques rares exceptions près, le jeune recouvre la liberté avec de l'expérience en termes de délinquance
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