C'est une vielle habitude du ministère de l'Agriculture et de la pêche maritime à l'approche de Aïd Al-Adha : communiquer sur les disponibilités en ovins et caprins destinés à l'abattage, après une étude d'évaluation de la situation prévisionnelle de l'approvisionnement du marché en animaux pour le sacrifice, et ce en étroite concertation avec les professionnels de la filière des viandes rouges en général, et des filières ovine et caprine en particulier. C'est ainsi qu'il rassure dans un communiqué, diffusé lundi dernier, en évaluant l'offre à 6 millions de têtes, dont 4,4 millions d'ovins mâles et 1,6 millions d'agnelles et de caprins, alors que la demande est estimée à 5,1 millions de têtes, dont 4,7 millions d'ovins.
Une offre qui dépasse largement la demande grâce à la conjonction de plusieurs éléments positifs.
En effet, cette année, Aïd Al-Adha fait suite à trois campagnes agricoles particulièrement favorables qui ont été à l'origine de disponibilités alimentaires importantes, notamment les fourrages, et par conséquent de bonnes performances en élevage avec un taux de naissance élevé atteignant 90% (contre une moyenne de 75 à 80% en année normale) et un taux de mortalité réduit ne dépassant pas les 5% en moyenne nationale. S'y ajoutent les reports importants d'ovins mâles non commercialisés lors de l'Aïd précédent (environ 1,2 millions de têtes). L'état sanitaire des animaux est jugé globalement satisfaisant, grâce aux programmes de surveillance et aux campagnes prophylactiques menées par les services vétérinaires relevant de l'ONSSA, selon la même source.
Côté prix, le ministère de l'Agriculture et de la pêche Maritime se veut rassurant. Il promet de mettre en place un système de contrôle rapproché des prix et de l'approvisionnement des différents marchés pour suivre de près les cours des animaux commercialisés, notamment au niveau des grandes surfaces, des souks et des principaux points de vente dans les villes. Il convient de rappeler à ce titre que les prix des animaux destinés au sacrifice de l'Aïd Al-Adha sont soumis à la loi de l'offre et de la demande et varient selon la qualité, la race, l'âge des animaux et en fonction du lieu de vente et de la date par rapport au jour de l'Aïd.
N'empêche que les prix des animaux vifs et des viandes sont restés à un niveau élevé (+9% pour la viande ovine par rapport à 2010). Ceci est dû, entre autres, à la hausse des prix des aliments du bétail, notamment ceux importés (15 à 34% en comparaison avec la campagne précédente) et à la rétention des animaux, signe de leur mise en engraissement pour l'Aïd Al-Adha. Par ailleurs, le ministère évalue, cette année, le chiffre d'affaires drainé à l'occasion des transactions commerciales des animaux d'abattage à 7,8 milliards de dirhams. De quoi permettre aux agriculteurs d'améliorer leurs trésoreries et faire face aux dépenses des autres activités agricoles.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire