L'art aux couleurs sociales


«Pour un partage solidaire» est le thème de cette manifestation qui se veut un dialogue enrichissant entre l'art et le social. «Cette exposition est un appel pour aller au-delà de la normale. Vu mon âge et la quantité des travaux que j'ai faits, puis le nombre des prestations que j'ai réalisées, je me suis dit que ce serait une bonne chose de faire un pas vers le social afin d'apporter mon soutien aux autres», souligne l'artiste Karim Bennani. En effet, c'est le but principal de cette manifestation où le peintre consacre 50% du produit des ventes de ses tableaux pour venir en aide à des enfants en situation précaire. «L'art a, de tout temps, servi les causes nobles. L'artiste, dans ce genre d'événements, est doublement récompensé. Car d'abord il arrive à faire plaisir à des gens nécessiteux en leur redonnant le sourire, ensuite c'est une action qui représente pour lui une occasion d'exposer ses travaux et de renouveler son contact avec le public», ajoute-t-il.

Pour Karim Bennani, ce sont ses «Carnets de voyage», de 1960 jusqu'à nos jours, qu'il a choisis d'offrir à la contemplation et à la vente. «Mes “Carnets de voyages” représentent les images d'un globe-trotter invétéré. C'est le regard intime découlant d'une situation précise où l'image est captée et reproduite, instantanément guidée par ma propre interprétation. Mes voyages en Chine et en Amérique m'ont marqué au point où la Chine, empire des signes, m'a permis d'apprécier les merveilles calligraphiques. J'ai découvert dans cette Babel sonore ce qu'est le langage humain, une mémoire scripturale commune ou presque à différents peuples de la terre. L'expérience de la Chine m'a si fortement marqué que j'ai établi une liaison entre nos deux écritures, avec l'exploitation du graphisme, qui m'a paru comme une continuité entre les deux civilisations», explique K. Bennani qui, à travers chaque civilisation, a élaboré une sorte de chronologie sentimentale avec des croquis des pays visités.

On peut y déceler New York avec ses gratte-ciel, Prague, la ville de l'amour éternel, Budapest, Amman, Sanâa, Baghdad, Saint-Pétersbourg, Moscou, Paris, ses spectacles de foule et ses places mémorables. «Ces nombreux voyages et découvertes ont énormément enrichi mon savoir. Grâce à leur vocation d'interférences, leur communicabilité et leur fluidité d'images ouvertes, mes “Carnets de voyage” rapprochent les distances et transforment le voyage du Maroc à Moscou, à New York ou à Paris en promenades oniriques collectives. C'est un plaisir pour moi de partager tous ces moments de joie que j'ai vécus dans ces pays, d'autant plus qu'ils serviront à venir en aide à des enfants en grande précarité», renchérit-il. Un sentiment de générosité que le comité de l'Heure joyeuse apprécie et encourage fortement, vu son importance pour ceux qui en bénéficient. «C'est un beau geste de la part de l'artiste Karim Bennani qui s'implique avec nous avec une belle exposition, en signe de solidarité avec nos actions sociales», affirme Josette Berrada, présidente déléguée de l'Heure joyeuse.

Un demi-siècle de créativité

Natif de Fès en 1938, Karim Bennani est diplômé de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (1959). Il a également suivi les cours de l'Académie Julian et exercé aux Ateliers Charpentier. Mais, c'est à partir de 1957 qu'il a débuté sa carrière professionnelle. Celle-ci s'est enrichie de plus de cinquante manifestations à travers le monde, notamment en Afrique, Europe, États-Unis, Canada, Chine et Moyen-Orient. Le 14 novembre 2006 représente une date cruciale dans sa vie d'artiste, puisqu'elle marque le jour de l'inauguration de la «Fondation Karim Bennani pour les arts et la culture».

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