Perspectives 100.000 logements sociaux dès 2011

Le Maroc affûte ses armes pour mieux accompagner sa sortie de crise et affronter la décennie 2010-2020. Outre la mise en place du nouveau dispositif dédié au logement social qui s'étendra jusqu'en 2020, donnant ainsi une grande visibilité aux promoteurs, le ministère de l'Habitat veut professionnaliser davantage le secteur en œuvrant dès fin 2010 à conclure des conventions avec les différents intervenants (promoteurs immobiliers, notaires…) portant sur des contrats-programmes et également en accompagnant la mise à niveau de l'arsenal juridique. Le but est de garantir un meilleur environnement pour booster le secteur de l'immobilier et accompagner la grande relance attendue durant les deux prochaines années (2011-2012).

Selon les perspectives fixées d'ici 2020, dont Ahmed Taoufiq Hejira, ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de l'Aménagement de l'espace, a présenté quelques chiffres lors d'une rencontre organisée à Casablanca par l'Alliance des économistes istiqlaliens, un des objectifs visés est la réalisation de 300.000 nouveaux logements sociaux entre 2010-2020. «Nous étions pessimistes en fixant cet objectif, mais je suis persuadé que ce nombre sera dépassé», souligne le ministre. Cette offre devra profiter à 1,5 million de Marocains. La construction de ces habitations qui nécessitera un investissement direct de 60 milliards de DH devra générer 160.000 nouveaux emplois.

Ce résultat sera le fruit du fort réengagement des opérateurs privés et publics dans le nouveau dispositif de relance du logement social. Déjà plusieurs conventions ont été signées et d'autres en cours de finalisation. «Le Maroc a choisi une sortie de crise immobilière en attaquant la niche qui cumule 70% de la production nationale sur Hautes instructions de Sa Majesté le Roi et grâce à une forte implication du gouvernement et du Parlement», déclare Hejira. Et d'ajouter : «Il faut travailler sur le moyen terme. 2010-2020 est d'une importance capitale pour l'investissement dans l'immobilier». 

Toujours en matière de perspectives, le ministère de l'Habitat vise à élargir le secteur organisé et consolider son professionnalisme à travers notamment la promotion de la qualité et le renforcement du sens de la responsabilité. Notons, à ce titre, qu'un long chemin reste à faire vu la persistance de l'informel qui se situe à peu près de 30%. 

A court terme, à partir de 2011, un minimum de 100.000 logements sociaux devra être mis en chantier à travers tout le territoire par an. On devra également assister à une augmentation des indicateurs du secteur: consommation ciment, emplois, etc. L'année prochaine devra également voir naître les premières productions du logement social à 250.000 DH. Le ministère table également sur une amélioration de la qualité dans le logement et de la sécurité par la force des cahiers des charges fixés aux promoteurs immobiliers. 

Concernant le logement dédié à la classe moyenne, un grand déficit est enregistré à ce niveau, vu la flambée des prix du foncier, la réticence des banquiers à accompagner les promoteurs immobiliers, pour ne citer que ces freins. Selon le ministre de tutelle, ce type de logement ne pourra bénéficier ni d'exonérations fiscales ni du foncier public. «Si le Maroc a préféré une sortie de la crise en se concentrant sur le logement social, ce n'est pas suffisant. Il faut s'attaquer à la classe moyenne, ce qui est très complexe». Il faut chercher d'autres leviers, d'autres créneaux pour encourager et stimuler la production de logements destinés à la classe moyenne qui correspondent aux réelles capacités contributives des ménages, ce qui n'est pas chose facile. 

En se basant sur les chiffres donnés par le HCP, le ministère a revu le prix fixé au logement de la classe moyenne qui doit se situer entre 400.000 à 500.000 DH maximum et non comme prévu auparavant se situer entre 300.000 jusqu'à 1,5 million de DH. Le Maroc a-t-il le moyen aujourd'hui d'une production de masse de logements, s'interroge le ministre. Lui-même n'est pas sûr ; ce qui est un grand handicap vu qu'aujourd'hui 40% des dépenses des ménages sont dédiés au logement. 

L'année 2011 devra également être marquée par le lancement de l'épargne logement qui a été introduite par la LF 2011 et qui pourra atteindre jusqu'à 300.000 DH. Le ministre, n'étant pas très convaincu de son utilité, a déclaré qu'il va considérer que 2011 sera une année de test pour ce produit. «Si l'épargne logement n'est pas compétitive par rapport aux produits des banques, elle est bannie».

L'année 2011 sera également consacrée à la dynamisation du fonds de garantie Damane Assakane et des coopératives d'habitat qui peuvent être d'un bon secours pour la classe moyenne. 


Les leviers

Pour avoir une vision nationale à application nationale, le ministère de l'Habitat a fixé deux objectifs à atteindre dès 2011. Le premier consiste à développer un secteur régulé et animé. Le second vise à créer un marché dynamique et fluide. Pour ce faire, il faut agir sur trois 
leviers :
1- La gouvernance et la planification : 
- Connaissance des marchés et visibilité pour l'investissement
- Insertion urbaine et territorialisation de la planification de production
- Amélioration du climat de l'investissement
2- La demande (accès au logement adapté aux besoins)
- Diversification du choix pour le citoyen
- Logement abordable
- Protection du consommateur
3- L'offre
- Diversification des réponses (neuf, locatif, rénovation…)
- Professionnalisation
- Et Performance.

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